Du nouveau pour la catéchèse?

Branle-bas de combat au Vicariat « Annoncer l’Évangile » en cette fin janvier. Les trois Services (Catéchuménat, Catéchèse et Liturgie et sacrements) sont réunis au grand complet, en visio-conférence bien entendu – pandémie oblige ! – pour se pencher sur l’important document romain paru il y a quelques mois à peine : le nouveau « Directoire pour la catéchèse » (Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, 2020).

Troisième du genre proposé depuis le Concile Vatican II, ce document entend donner de nouvelles impulsions pour l’annonce de la foi. Nous avions demandé à Henri Derroitte, un liégeois professeur à l’UCL, spécialiste de ces questions, de nous présenter le document, d’en pointer les idées fortes et de le situer par rapport au projet catéchétique diocésain « Pour une catéchèse renouvelée ».

En fait, s’il est assez différent de son prédécesseur, ce Directoire ne nous surprend pas dans la mesure où il épouse les grandes options qui marquent le pontificat du pape François et dont il avait donné un puissant avant-goût dans le texte-programme « La joie de l’Évangile » (2013). Le lieu n’est pas ici de faire une présentation complète du document. Pointons seulement ici quelques insistances interpellantes. L’accent le plus fort est sans doute – on ne s’en étonnera pas – de situer résolument la catéchèse dans la perspective de l’annonce de la foi, dans un élan missionnaire tourné vers l’évangélisation : « Il est important qu’à travers la catéchèse, chaque personne découvre que cela vaut la peine de croire » (n°57). D’où la centralité du « kérygme » comme annonce de l’amour indéfectible de Dieu et de la présence du Christ à nos côtés à chaque instant. « Au centre de chaque processus de catéchèse se trouve la rencontre vivante avec le Christ » (n°75). Ainsi la catéchèse se placera « en sortie missionnaire » (n°49), « sous le signe de la miséricorde » vue comme « la condition de l’annonce et le style de sa pédagogie » (n° 52) ; elle sera un « laboratoire de dialogue » : « L’Église se fait conversation » (n°53), elle évite le discours frontal, magistral, en perpétuel surplomb.

Famille et migrations

Autres instances significatives : le rôle de la famille comme l’objet, le lieu et le sujet premier de la catéchèse, la place désirée de la personne handicapée « en agissant en faveur d’une culture d’inclusion contre la logique de la mise à l’écart » (n° 271), une attention très nouvelle aux migrants et aux émigrés « afin que les angoisses et les espérances de ceux qui se mettent en chemin soient illuminés par la foi » (n°274), une ouverture aux problématiques environnementales.

Enfin l’équipe du Vicariat a été touchée par la présentation faite du catéchiste : il est « témoin de la foi », « enseignant et mystagogue », « accompagnateur et éducateur » : « le catéchiste est expert dans l’art de l’accompagnement » (n°113). Retenons, pour clôturer, cette belle déclaration : « Le témoignage de la vie est nécessaire à la crédibilité de la mission. En reconnaissant sa propre fragilité face à la miséricorde de Dieu, le catéchiste ne cesse d’être le signe de l’espérance pour ses frères. » Tout un programme !!!

Olivier Windels, vicaire épiscopal.

3 commentaires sur « Du nouveau pour la catéchèse? »

  1. Voilà qui va faire plaisir aux catéchistes qui ont beaucoup de mérites pour le travail qu’ils font ! Des témoins de la foi, enseignants, éducateurs ! Ils seront touché(e)s aussi, j’en suis sûre, tout comme je le suis ! Rien de tel pour motiver les troupes. Merci pour cet article Olivier.

    Anne, catéchiste à Lierneux.

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  2. Eviter le discours frontal en surplomb mais privilégier la rencontre vivante avec le Christ. L’Eglise se fait conversation. J’aime !

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  3. J’apprécie énormément les orientations prises. Elles insistent à raison sur le comportement, l’adhésion à la personne de Jésus-Christ, bien plus que sur des contenus, des savoirs. Les catéchistes, tout comme les catéchisés, ont à se mettre en recherche. Nous avons à être des « croyants » et non des « savants ». Se SAVOIR aimé de Dieu vaut toutes les connaissances que l’on pourrait accumuler. L’abbé Joseph LALLEMAND, un père de jeunesse de Marseille résumait sa foi par ces mots « Moi, j’ai confiance en Dieu. »

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